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La Journée européenne du 10 mai 2016 au Château des Lumières à Lunéville en résumé : concertation et mobilisation "top-down" et "bottom-up"

Cette journée avait deux horizons :

1. l’horizon européen : par la présence de Madame Sophie BEERNAERTS de la Commission Européenne (DGEAC)1 à Lunéville ; par le lieu : proximité de Strasbourg, capitale européenne ; par les connexions et les échanges simultanés avec des personnes à Lisbonne et au Portugal, à Rome, Bologne et Padoue aussi bien qu’en Belgique et à Paris.
Des questions nous sont venues de ces différents lieux, du Portugal par exemple, pour questionner la DGEAC sur la garantie de la continuité d’une politique nationale. Ce pays a engagé une véritable politique de reconnaissance des acquisitions non formelles et informelles pour que des populations non ou peu scolarisées puissent valider des diplômes scolaires. Il représente à ce jour l’exemple le plus avancé d’une politique active dans le domaine. Mais cette expérience a été dénaturée vers des objectifs quantitatifs à court terme et brutalement interrompu par l’alternance politique de juin 2011.

2. l’horizon français : c’était aussi un des objectifs de la journée, en quelque sorte une revue de la mobilisation des acteurs sur cette question - de l’Etat aussi bien que des acteurs professionnels ou des organismes de formation, etc.. Ce qui représente une première : rassembler la diversité des acteurs concernés est en soi un symbole de la transversalité des CCE.

Etait-ce un obstacle pour notre horizon européen ? Certes, les contextes nationaux sont différents et spécifiques. Mais nous faisons le pari que c’est aussi en regardant le “pré du voisin” que se partagent les enjeux, se comprennent et se diffusent les “bonnes” politiques et les “bonnes pratiques” et se construit ainsi l’originalité du projet européen.

Une politique européenne des Compétences Clés réaffirmée

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C’est le message qu’a fait passer Madame Sophie BEERNAERTS (DGEAC). Une stratégie de l'Union européenne pour de nouvelles compétences en Europe a été présentée vendredi 10 juin.

D’ores et déjà, des axes forts sont affirmés :

  • Ces compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie ne visent pas seulement à favoriser l’emploi, mais aussi l'épanouissement et le développement personnels des individus, leur inclusion sociale et la citoyenneté active ;
  • elles concernent l’ensemble de la population, quel que soit leur niveau scolaire ;
  • elles sont interdépendantes les unes des autres, doivent être vues dans leur globalité et non comme un choix à la carte parmi les 8 CCE.
Message d’engagement, message pour une politique globale de cohérence par des descripteurs plus précis de ces CCE et par la diffusion de supports, message d’appel à la créativité : les CCE ne seront que ce qu’en font les acteurs sociaux et les Etats. Dans cette diversité, la Commission Européenne se donne comme tâche de développer un langage commun et de rassembler ce qui peut apparaître comme épars et éclaté.
C’est, du moins, ce que nous avons décrypté de cet engagement de la Commission Européenne à revisiter ses recommandations de 2006 pour leur donner une nouvelle jeunesse et encourager les Etats membres à intégrer ces compétences clés dans leurs politiques d'éducation et de formation.
L’engagement est donc pris : le champ est ouvert, les initiatives sollicitées et encouragées. Le projet Eure.K entend y contribuer de façon active, en communiquant ses résultats à la DG EAC.
Le message politique de Madame Sandrine DOUCET, députée à l’Assemblée Nationale française

Après son rapport de Juillet 2015 sur la prise en compte des apprentissages non formels et informels2, Madame la Députée a resitué leur valorisation et leur validation au sein des questions sociales et politiques françaises actuelles. La VAE, par exemple, c’est très bien. Mais elle ne concerne que ceux qui sont déjà “intégrés” dans le ”système”, en disposant des ressources nécessaires, des informations et des codes… Or, l’enjeu est bien celui de l’inclusion sociale, qui nous évitera un certain nombre d’écueil, comme celui de la radicalisation.

En réponse aux questions de la salle, qui l’interrogeaient sur l’hétérogénéité des dispositifs qui rend illisibles ces compétences-clés, sur la formation des accompagnants, sur le rôle du port-folio comme support de reconnaissance, etc. Madame la Députée a annoncé des avancées législatives prochaines en direction des publics jeunes. Elle a prôné la nécessité de construire un langage commun.

Dans ce contexte politique de transition, cette volonté politique clairement affirmée de reconnaître les compétences acquises en situation est apparue comme un atout considérable.

Le champ ouvert par le Cle.A (qui veut dire : clé “A”)3

Après la commission européenne et l’acteur politique, c’était aux partenaires sociaux, par la personne de Laurence Martin, membre du COPANEF, de faire état de l’avancée concrète de ce dispositif né de la nouvelle loi sur la formation professionnelle et continue de Mars 2014.

Construit par les partenaires sociaux autour des CCE (sans la 3ème sur les langues étrangères, et en introduisant une nouvelle sur les questions d’hygiène et sécurité), ce dispositif « vise à optimiser les expériences de la personne ». A dominante professionnelle, il ne s’y confine pas. Il ne se restreint pas davantage à un public de « faible niveau » ou « peu qualifié », mais à toute personne qui veut certifier (« c’est le nerf de la guerre ») et, pour cela, identifier et valoriser les acquisitions d’apprentissage de ces expériences.

Le « Clé A” représente le principal dispositif d’évaluation / formation sollicité par les personnes dans le cadre du nouveau “Compte Personnel de Formation” initié par la nouvelle loi. Dans leur généralité, les Compétences clés questionnent aussi leur articulation avec les “métiers”. Il ouvre aussi un terrain d’observation sur la validation des CCE que le projet ”Eure.K” se doit de mettre à contribution.

Foisonnement des expériences, difficultés de l’institutionnalisation

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A entendre, par la suite,

  • l’état des lieux européens dressé par Carmen CAVACO, de l’Université de Lisbonne, qu’elle complète par l’inventaire de la politique du Portugal dans le domaine (cf. supra) ;
  • la présentation par Isabelle SALVI de l’usage des 8 CCE par les APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée) pour prendre en compte la globalité de la personne autour de 3 composantes (ses apprentissages, sa capacité réflexive et son pouvoir d’action) ;
  • et le travail précis et rigoureux présenté par Chiara PACQUOLA, sur la mise en œuvre de dispositifs pour la transmission des savoirs et savoirs des professionnels de la chaussure, dans un contexte de transformation rapide du métier, au sein du district industriel de la chaussure en Vénitie,

on mesure combien les avancées sont nombreuses. Le travail d’ingénierie fournie par l’AFPA l’aura, par la suite, confirmé.

Les difficultés sont à la mesure de ce foisonnement. Ces expérimentations, dispositifs et pratiques sont développés pour saisir au mieux des apprentissages au plus près de leur acquisition, dans la diversité des terrains et à partir d’ingénieries fondées sur des postulats et orientées vers des finalités propres aux acteurs.

Comment, alors, construire une cohérence, suivant le vœu de Madame Sophie BEERNAERTS, ou parler un langage commun, comme le souhaite Madame Sandrine DOUCET ? Comment, in fine, l’intégrer dans un système de certification comme celui, aussi normé et régulé, que le système français ? Monsieur Georges ASSERAF, qui préside le CNCP (la Commission Nationale de Certification Professionnelle) a cette responsabilité en France. Il a fait part de cette difficulté à intégrer des compétences transverses (et “transférables”, comme l’a indiqué Monsieur Jean-Luc FERRAND, animateur de la dernière des tables-rondes) dans un répertoire orienté métiers – compétences qui traversent tous les champs, qu’ils soient professionnels, mais aussi civiques, sociaux et culturels ? La réponse est encore en devenir.

Ce type de défi ne peut que nous renvoyer au “temps long” - celui qui a construit le système de reconnaissance des savoirs autour des connaissances formelles, celui qui sera nécessaire pour inscrire un système construit sur une autre référence : les pratiques professionnelles, sociales, culturelles des personnes.

Encore faut-il s’inscrire dans ces projets du futur sans tarder pour en déblayer tous les attendus et en tracer les perspectives.


Vers les “recherches actions » : la nouvelle phase de travail du projet Eure.K


Après l’état des lieux, le projet Eure.K se met en ordre de marche pour la suite : le développement de “recherche actions” avec des organismes et acteurs de “terrain” pour formaliser les modes de validation des CCE. Après un premier travail d’identification de celles-ci et de conception, pour se doter d’outils communs, nous entrerons ainsi dans le cœur du projet.

Deux événements vont ainsi nous mobiliser :

  • le séminaire épistémologique du 22 et 23 Septembre 2016 organisé par les deux laboratoires du Cnam : LISE et le CRTD, pour se doter des questions et apports de la recherche dans notre travail d’investigation des pratiques de validation ;

  • et notre prochaine JOURNEE EUROPEENNE à LISBONNE, au cours de notre prochain séminaire interpartenarial du Lundi 24 au Mercredi 26 Octobre 2016.



  • 1: Direction Générale à l’Education, l’audiovisuel et la Culture.
  • 2: Rapport d’information déposé par la commission des affaires européennes sur la validation de l’apprentissage non formel et informel, et présenté par Madame Sandrine DOUCET, Députée, 1er Juillet 2015.
  • 3: cf. http://www.certificat-clea.fr


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