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Les journées de diffusion à Rome: en résumé


Mercredi 29 novembre et vendredi 1er décembre 2017, deux demi-journées de diffusion du projet Eurek ont été organisées à Rome.

La première demi-journée a permis de comparer les premiers résultats du projet Eurek sur la validation et la certification des compétences clés européennes (CCE).
Les partenaires impliqués dans le projet ont présenté les 9 actions-recherches en cours de réalisation dans différents contextes, dans 4 pays européens (Italie, France, Portugal et Belgique), en soulignant leur valeur ajoutée et les éléments de complexité.

Ensuite, Riccardo Mazzarella, représentant de l'INAPP - Institut national pour l’analyse des politiques publiques (auparavant ISFOL) et Andrea Simonicini, représentant de l'ANPAL - Agence nationale pour les politiques actives du marché du travail, ont présenté le contexte et le cadre italiens.

En particulier, M. Mazzarella a souligné l'évolution du processus de validation et de certification des CCE en Italie, un processus toujours en cours. Ce n’est seulement qu’en 2012, avec la réforme du marché du travail (loi « Fornero ») que l’on s’est intéressé pour la première fois à l’apprentissage continu. Cette réforme a ensuite été suivie d’un décret d’application (13/2013) portant sur la création du système national de certification des compétences.

Dans son exposé, le M. Simoncini a également donné un aperçu de la construction du cadre national de qualifications qui vise à :

  • Promouvoir l'apprentissage continu à travers la validation et la certification des compétences acquises dans des contextes non formels et informels ;
  • Faciliter la mobilité géographique et sectorielle des étudiants et travailleurs ;
  • Favoriser la transparence et l'exportation des qualifications dans différents pays et systèmes d'éducation et de formation.

Ce processus constitue également, un enjeu de nature culturelle dans le contexte italien, puisqu'il implique, par exemple, le passage de l'enseignement par matière à l'enseignement par compétences, et de la qualification considérée comme un statut social à la qualification comme un outil de reconnaissance.

Le débat a suscité un grand intérêt et soulevé diverses questions, auxquelles le projet Eure.k peut apporter quelques éléments de réponse.

La deuxième demi-journée, le 1er décembre, a été consacrée à la dimension culturelle des compétences clés, une dimension souvent occultée ou sous-estimée.

Dans un premier temps, tous les partenaires du projet ont été invités à identifier la compétence culturelle émergeant des différentes recherches-actions en cours. Cet exercice a permis de mettre en évidence, d'une part, la présence de la dimension culturelle dans toute pratique sociale et, d’autre part, la difficulté de l’identifier comme une compétence à part entière.

Sont intervenus ensuite, Paolo Di Rienzo, Professeur à l’Université de Rome Trois, Angela Spinelli, Chercheuse à l’Université de Tor Vergata, et Daniela Fiore qui travaille pour la Commission Culture et Education du Parlement italien.

Le professeur Di Rienzo s'est intéressé à l’acquisition et à la reconnaissance des compétences dans le cadre d'un processus d'apprentissage tout au long de la vie, soulignant que le concept de compétence adopté notamment en Italie, est exclusivement technique et professionnel. Ceci a pour conséquence de pénaliser la dimension culturelle et humaniste. Le professeur s'est ensuite concentré sur le concept d'apprentissage tout au long de la vie et sa dimension politique et culturelle. Cet apprentissage représente en réalité une perspective culturelle innovante pour les systèmes d'éducation et de formation, et une indication d'une stratégie politique visant la valorisation du capital humain. Avec le concept d’apprentissage tout au long de la vie, il est possible de prouver, pour la première fois et d’une manière scientifique, que le désir et le besoin d'apprendre tout au long de la vie est commun à tous les individus, femmes et hommes, quelques soient leur statut professionnel et/ou niveau d’études, etc. L'accent est donc à mettre sur la nécessité de développer la capacité humaine en termes de création et d’utilisation/mobilisation des connaissances de manière efficace, intelligente, créative et proactive ; et le besoin d'acquérir, de maintenir et de développer tout au cours de la vie les connaissances, aptitudes et compétences nécessaires pour cela. Dans cet esprit, la reconnaissance, la validation et la certification des compétences sont considèrées aujourd'hui comme des concepts clés et des stratégies opérationnelles pour développer la formation et l'apprentissage tout au long de la vie aux niveaux européen et national.

À cet égard, le Dr Spinelli a contribué au débat en présentant l'exemple concret d'un projet développé ces dernières années par l'Institut Luigi Sturzo, KVaLues. Le projet s’est focalisé sur la reconnaissance et la mise en transparence des compétences, à travers l'utilisation de l'outil de narration nommé digital storytelling. Cet outil se base sur la prise de conscience par l’individu de ses propres compétences, qui ne peuvent être décrites dans un curriculum traditionnel ; et en même temps représente non seulement un produit, mais aussi un processus, en développement continu.

Enfin, l'intervention de Madame Fiore s’est inscrite dans une perspective transversale, en mettant l'accent sur quelques initiatives récemment promues par la Commission de la culture de la Chambre des députés. Parmi celles-ci, une enquête sur les meilleures pratiques de diffusion culturelle en Italie, qui ont permis l'émergence d'expériences intéressantes sur le territoire national ; et un fort engagement à promouvoir la lecture, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté éducative. Ce sont des pratiques qui ont un impact considérable en termes de construction du tissu civique et culturel, et de citoyenneté, comme la capacité à vivre la démocratie de manière consciente et active.

La matinée s’est terminée par quelques points de synthèse formulés par le coordinateur du projet, André Moisan. En soulignant qu’il est tout à fait significatif que cette question soit abordée à Rome, M. Moisan a défini la 8ème des CCE ou la "grande oubliée" des référentiels de compétences.
Cette omission est significative d'une mobilisation des compétences prises en étau entre une logique utilitariste, économique et une vision humaniste dans laquelle est prise en compte la singularité de l’individu. La culture est présente dans toute pratique sociale ; par ailleurs, dans les pratiques d'insertion des jeunes, la culture représente souvent la porte d'entrée pour l'inclusion sociale : elle correspond à l’expression de l’individu. Cependant, il est souvent difficile de la distinguer comme compétence spécifique. Il y a donc une nécessité de la faire émerger dans des situations spécifiques. La définition fournie par le document du Conseil et du Parlement européen fait apparaître une double approche : la dimension culturelle fait référence à l'accès aux grandes œuvres culturelles et au développement de l'expression culturelle, ce qui reflète quelque peu le vieux débat entre une culture "élitiste" et l'éducation populaire. Par ailleurs, la question de la « culture » fait l’objet d’un grand débat : « L’ouverture à l’autre », qu’est-ce que ça veut dire exactement ?





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